Une pelouse n'est pas un revêtement permanent : c'est une population de plants qui vieillissent, s'éclaircissent et doivent être renouvelés. Sans apport de nouvelles semences, même une pelouse bien entretenue perd de la densité d'une année à l'autre, et c'est cette perte de densité qui ouvre la porte aux mauvaises herbes bien avant qu'un traitement devienne nécessaire.
Le sursemis consiste à semer par-dessus le gazon en place, sans le détruire. Il épaissit le tapis, comble les zones dégarnies et introduit des variétés plus résistantes que celles semées à l'origine. Les cultivars de pâturin, de fétuque et de ray-grass ont beaucoup évolué : les mélanges actuels tolèrent mieux la sécheresse, l'ombre et le piétinement que ceux posés il y a vingt ans. Sursemer, c'est faire entrer cette génétique-là dans une pelouse existante sans la refaire au complet.
Le terreautage accompagne le sursemis. Une mince couche de terreau tamisé, répandue uniformément, met la semence en contact avec un milieu humide et vivant au lieu de la laisser sécher sur le feutre. Le terreau améliore aussi la structure du sol année après année et nivelle progressivement les creux et les bosses qui rendent la tonte inégale.
La réussite tient à trois conditions : un bon contact semence-sol, une humidité maintenue pendant la germination, et une fenêtre de calendrier qui laisse aux jeunes plants le temps de s'établir. C'est pourquoi nous planifions le sursemis à la fin de l'été plutôt qu'en juin. Les nuits fraîches, la rosée du matin et la baisse de compétition des mauvaises herbes créent des conditions que le plein été ne peut pas offrir. Nous vous laissons des consignes d'arrosage précises pour les deux à trois semaines qui suivent : c'est la période où l'intervention se gagne ou se perd, et elle se joue chez vous, pas chez nous. Un sursemis réussi se reconnaît dès la troisième semaine : les jeunes brins apparaissent d'abord dans les creux, là où l'humidité s'est maintenue le plus longtemps.